Histoire de l’ASEB :


Pendant très longtemps et jusqu’en 1929, l’Etang de Berre connait une activité riche de pêche, d’exploitation du sel, de commerce maritime, de culture maraîchère viticole et oléicole. Les riverains apprécient aussi ce site exceptionnel pour la qualité de vie qu’il procure.

La pollution industrielle apparait avec l’installation des usines pétrolières vers 1930. Elle a longtemps impacté la qualité des eaux de l’étang, mais vers le début des années 1970, une nette amélioration s’est faite sentir, les industries ayant déployé de gros efforts en ce sens grâce à la création du SPPPI (Secrétariat Permanent pour les Problèmes de Pollution Industrielle).

En 1966, la centrale hydroélectrique de Saint Chamas est la source d’une pollution naturelle nouvelle, violente et rapide causée par les rejets de limons et l’apport d’une énorme quantité d’eau douce dans les eaux salées de l’étang. C’est désormais le problème majeur qu’il convient de résoudre.

Création de l’ASEB :

L’ASEB est créée en juillet 1981 à l’initiative de quelques enseignants « amoureux de l’étang », soucieux de préserver ou de restaurer les abords des rivières essentiellement sur le plan de la végétation. Son Président est Guy FABRETTI. L’association se concentre alors sur des activités pédagogiques et au hasard des mutations professionnelles de ses membres les plus actifs, elle connait peu à peu une activité ralentie.

L’ASEB se donne une autre mission :

En 1986, alors que les dégâts causés depuis 20 ans par les rejets de la Centrale EDF sont très nettement perceptibles par la population riveraine, l’ASEB prend un nouveau tournant à l’initiative de Dominique JOUVE qui en assume la présidence. Deux ans plus tard, son père Claude JOUVE prend la présidence de l’ASEB ; il consacre alors toute son énergie, et use de toute sa conviction pour sauver l’étang. Il se mobilise pleinement jusqu’à la fin de ses jours en 1996, date à laquelle Bernard NICCOLINIprend sa succession et est élu Président dans la foulée.

Dès lors, l’ASEB va conduire des actions et fédérer toutes ses forces pour réhabiliter l’étang malgré cette pollution destructrice. Par ses rencontres, ses conférences, ses interventions auprès des élèves, des séniors, des responsables politiques……l’ASEB soulève des interrogations et informe les différents publics sur le mal véritable qui affecte le site. Le dépôt de gerbe de l’ASEB chaque mois de juin dans les eaux de l’étang au pied de la centrale hydroélectrique rappelle cette période où des actions parfois rudes sensibilisaient à « la mort de l’étang ».

Un évènement majeur :le référendum de 1991 :

Les riverains et amis de l’étang n’ont pas été, ne sont jamais consultés et sont exaspérés. Le 6 octobre 1991, après des mois d’intense préparation, l’ASEB a permis que soit réalisé tout autour de l’étang un référendum d’initiative locale (hélas non reconnu par la loi de l’époque) ; il a révélé de la part des riverains un engagement remarquable : sur 45 000 suffrages exprimés (soit 60% des inscrits) 95% ont voté favorablement pour un arrêt immédiat des rejets d’eau douce et de limons à la centrale de Saint Chamas.

Cette gigantesque opération a permis une médiatisation de la problématique de l’étang et a conduit à une avancée notable : les rejets ne se sont pas arrêtés mais ils ont été fortement limités, devant respecter des quotas stricts. Le plan Barnier, la mise aux normes européennes des stations d’épuration ont été bénéfiques pour l’Etang.

Depuis lors l’ASEB poursuit ses efforts :

En 1995 est créée la coordination d’associations L’Etang Marin et l’ASEB y joue alors un rôle moteur.

Les acteurs politiques français et européens n’ignorent plus le problème. Mais les avancées sont encore lentes, les solutions possibles sont longuement et scientifiquement examinées. L’ASEB et les pécheurs professionnels se battent pour que ces avancées puissent être approchées davantage en fonction de la gravité des problèmes de survie de l’étang plutôt qu’en fonction de leur coût.

La coordination des pécheurs avec le Maire de Berre Serge ANDREONI engage une procédure judiciaire qui sera tranchée par la Cour Européenne de Justice laquelle déclare que la principale source de pollution est la pollution naturelle de l’usine hydroélectrique EDF d’une part et reconnait l’Etang de Berre comme une lagune méditerranéenne profonde et la considère comme un milieu sensible à protéger d’autre part. Elle impose à la France que des mesures soient prises pour lutter contre cette pollution. Cela donne naissance à la création en 2000 du GIPREB, groupement d’intérêt public devenu syndicat mixte en 2012.

Cette structure a pour but de participer à la connaissance, l’aménagement, la mise en valeur et la réhabilitation de l’étang de Berre, dans le cadre d’une gestion intégrée et concertée.On lui doit le soutien et l’initiative de très nombreuses études scientifiques qui ont permis de mieux comprendre les maux de l’étang et ont conforté l’ASEB dans ses convictions.